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Ça dé-pense

Bicéphale déménage

27/01/2014

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Nous sommes désormais passés sur un nouveau site. Rendez-vous dorénavant sur http://bicéphale.com

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Je prépare une sécession

par Igor Myrtille

Je prépare une sécession

Le site d’Igor

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Mondanités

Par Meissonnier L’oiseau

Mondanités

Meissonnier L’oiseau

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“Le débat sur le dépistage du cancer du colon est un puits sans fond”

par Jopé & Jourdain de Troie
photoJopé et Jourdain de Troie sont les invités de l’interview croisée de la semaine. Nous sommes allés à leur rencontre. Les propos tenus ici n’engagent que Paul Personne.

Quelle est votre sentiment sur la situation actuelle ?

Jourdain de Troie – Je suis personnellement bien assis. Votre micro m’impressionne pas mal. Et que dire de votre maquereau…

Jopé – Aléatoire, mon cher Watson.

…À Toire ? Pourquoi donc ?

Jopé – C’est un village côtier assez plaisant. En particulier au coucher du seul œil. Mais je ne m’épancherai pas sur la question de l’extrême droite.

Comment jugez-vous la campagne électorale pour les municipales ? En particulier, que pensez-vous de la politique du logement et de l’accès à la propriété : l’équilibre de la municipalité est-il respecté?

JdT – Partiellement. À titre personnel, j’ai un peu de mal à accepter qu’un petit chien moustachu soit propriétaire des 4 gares de la ville. C’était le risque. Cet appel d’offre généralisé n’avait pas de raison d’être. Rendez-vous compte : seulement cinq propriétaires sur toute la ville! La grande responsabilité de l’équipe sortante, c’est tout simplement d’avoir permis à cinq accapareurs de prospérer. Je pèse mes mots! Cinq accapareurs, c’est beaucoup trop! Et ne jouez pas la fausse sceptique !

Jopé – Et avec cinq accras par heure, on a vite fait de changer de régime. Mais je ne m’épancherai pas sur la question de l’extrême droite.

Les promesses en matière de transports ont-elles été tenues ?

Jopé – En partie. La vraie solution, c’est de ne plus prendre la voiture. Prenons le chapeau, le fer à repasser, même le petit chien s’il le faut !

JdT – De même, si la carte Navigo était remplacée par une carte Chance, il y aurait peut être moins de retard sur nos lignes.

Paris était auparavant une ville fortement segmentée : ethniquement, politiquement…La sociologie par quartier est-elle plus favorable à la mixité ?

JdT – Absolument pas. Comment expliquer que tous les Jaunes soient cantonnés à trois rues ? De même, comment accepter que les Rouges soient tous concentrés autour de la Caisse de Communauté. Ils attendent quoi ?

Jopé –  De se tirer la bouteille deux par Dieu et de se barrer en Russie…

JdT – À propos de Gérard, moi aussi j’annonce par voie de presse que je revends mon appartement. En guise d’annonce je ne préciserais que ceci : c’est un bon appart, rue Napoléon, 75013 Paris.

Jopé – C’est audacieux…

Jdt – Je suis un parieur fou. Mais je suis persuadé que sur ces 75013 chances de gagner, je serai au mois couronné d’un succès.

En parlant de couronnes, que pensez vous de la polémique sur le coût des soins dentaires?

Jopé – Ce n’est pas tant aux dentistes qu’il faut s’adresser qu’à la Petite Souris. C’est elle la plaque tournante de tout cet argent. Quand on voit le nombre de dents arrachées par jour… Mais enfin, bien sur, les dentistes ont leur part de responsabilité, avec leurs histoires de blanchiment…

JdT – Justement, je suis intimement persuadé que Bernard Tapie est impliqué dans les réseaux de blanchiment organisés par la Petite Souris. Sinon pourquoi parlerait-on de « Tapie à Souris » ? (il imite un mulot cendré, ndlr)

Que pensez-vous de l’avortement?

Jopé – Je suis contre, ça m’inquiète, tous ces enfants qui se feront traiter d’avortons dans les cours des écoles…

JdT – Ce débat est stérile.

Et à propos de l’euthanasie, quelque chose à ajouter?

Jopé – Ce débat est ennuyeux à mourir.

… Le dépistage du cancer du colon?

Jopé – Ce débat est un puits sans fond.

JdT – … La « Déclaration d’Indépendance » est de loin la manifestation la plus évidente du cancer du colon. J’assume ce propos. Je me fous du Gandhi Raton.

Parfois je regarde le ciel et je vois la vie telle qu’elle est vraiment, et vous?

Jopé – Non.

Messieurs, merci pour cette interview croisée.

Ensemble – Vive la papauté !

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Quel bonnet êtes-vous?

par Eva

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Lundi 25 novembre: atteinte d’un énième rhume, du selon mon aimable mamie à mon goût immodéré pour les jupes courtes suivez-moi-jeune-homme, je me rends emmitouflée tel un oignon doux des Cévennes chez ma pharmacienne chercher mes potions de guérison. L’accueil est digne d’une punchline d’humoriste de bas étage: “Tiens, votre bonnet à vous n’est pas rouge ?”. S’ensuivent alors un petit ricanement d’auto-satisfaction de la commerçante face à un tel trait de génie puis une diatribe féroce contre “ces voyous alcooliques qui cassent tout pour le plaisir de détruire blablabla”.

Nonobstant, ces postillons haineux que j’ai courageusement fui sans demander mon reste, me font méditer sur la symbolique du bonnet, objet traditionnellement neutre, innocent même, et pourtant actuellement instrumentalisé par divers mouvements de protestation.

Avoir froid aux oreilles serait-il une revendication de droite ? Le bonnet rouge deviendrait-il l’emblème du chaos ? La laine exprimerait-elle un potentiel révolutionnaire ? Plus grave encore, que porteront les mécontents pour la saison printemps-été 2014 ?

Toutes ces questions et aucune réponse car hélas!, l’inestimable Roland Barthes a omis d’inclure un chapitre “Bonnet mode d’emploi” dans son fabuleux Mythologies.

Qu’à cela ne tienne, affalez-vous dans votre fauteuil et faites infuser un petit thé vert; sans plus attendre, découvrez votre identité bonnetière !

Vous êtes un bonnet rouge si:

– la simple mention du terme “écotaxe” vous fait pousser des furoncles violets sous les aisselles

– vous aimez profondément votre gros camion et vous ne voulez pas que le gouvernement lui fasse du mal

– vous estimez que Nantes, c’est pas breton, et que Jean-Marc A. est un traître qu’il faudrait noyer dans du cidre brut.

– vous avez la nostalgie des affrontements à coups de fourche; d’ailleurs vous avez regardé dix-huit fois Jacquou le Croquant, votre film préféré

– votre sponsor officiel s’appelle Armorlux

– vous vous fichez quelque peu de la taxe poids lourds; d’ailleurs vous n’êtes même pas breton(ne). En revanche vous êtes possédé(e) par la folle envie de faire des méchouis de radars partout dans le pays.

– vous êtes un(e) inconditionnel(le) du commandant Cousteau

Si vous arborez un bonnet vert:

– vous prenez le tramway sans ticket pour pouvoir vous payer quotidiennement votre dose vitale de café et ainsi supporter la violence du réel.

– la CAF, les APL, la pension alimentaire versée par votre paternel et votre livret A servent à renouveler votre abonnement de bus.

– vous pensez très sérieusement à investir dans une bicyclette pour effectuer le trajet Montpellier-Paris quand l’envie vous prend d’aller festoyer avec vos poteaux. Après tout il ne fait pas encore trop froid et ça vous fera le mollet galbé.

– vous trouvez que la SNCF ne se mouche pas du coude sur les prix des billets. Surtout que le pipi-room de l’inter-cités laisse fortement à désirer. (Tous les quidam de France et de Navarre ont eu un jour cette pensée. Il y a donc potentiellement 66 millions de bonnets verts.)

Vous êtes un bonnet rose:

– vous vous appelez Marie-Thérèse et chaque 21 janvier vous vous rendez avec votre époux Jean-Eudes verser votre larmichette sur la tombe de Louis XVI

– vous soupçonnez l’instituteur de votre petit Hubert-Philippe d’être un bolchévique

– quand vous entendez les acronymes PMA ou GPA, vous êtes pris(e) de sueurs froides, vous apercevez un tunnel avec au bout une grande lumière, vous vous évanouissez et Jean-Eudes doit alors appeler un exorciste.

– vous possédez un portrait dédicacé de Christine B. que vous avez solennellement installé sur un autel, avec petites bougies toussa toussa

– vous êtes convaincu(e) que Christiane T. s’est échappé du Jardin d’Acclimatation en 1877 et que sa longévité est due à l’absorption massive de bananes radioactives et d’obscurs rituels vaudous.

Vous portez un bonnet orange:

– vous n’avez aucun goût. Voilà voilà.

– le cheval est le meilleur ami de l’homme. D’ailleurs vous en venez parfois à vous demander s’il n’est pas meilleur que l’homme tout court.

– vous êtes saisi(e) de crises de rage incontrôlables lorsque l’on ose médire sur Steve Guerdat ou Rolf-Göran Bengtsson

– avec la TVA équestre relevée à 20%, vous vous tâtez à aller voler fourbement les bottes de foin au salon de l’Agriculture pour pouvoir nourrir votre écurie.

Si vous vous coiffez d’un bonnet jaune:

– hum vous aussi vous n’avez aucun goût.

– en tant que petit professionnel de l’assurance, vous aimeriez sauver votre emploi; en tant que travailleur(se), vous aimeriez vivre en harmonie avec votre compte en banque en choisissant une complémentaire santé adaptée à vos moyens

– votre ulcère à l’estomac se réveille quand vous vous demandez avec angoisse comment vous allez réussir à payer l’appareil dentaire du petit dernier, le traitement pour l’acné de votre ado et l’opération de la hanche de votre belle-mère

– vous êtes prêt(e) à vous faire hara-kiri devant la ministre de la Santé pour sauver la Sécu

– vous vous êtes arraché(e) votre dent cariée tout(e) seul(e)

Vous avez opté pour le bonnet blanc:

– vous vous réveillez toujours en catastrophe les mercredis matins, après avoir passé une nuit cauchemardesque, car vous oubliez toujours si Jean-Kévin a école ou cours de poterie.

– vous consacrez la moitié de votre salaire au baby-sitting et/ou au centre aéré à cause de ces foutues réformes de rythme scolaire et cela commence à vous agacer légèrement.

– votre divertissement favori consiste à faire des rimes douteuses en “on” sur Vincent P.

– vous êtes déchiré par un cruel dilemme chaque samedi matin: vous extirper de votre couette pour amener votre petite Josette à l’école, ou demeurer béatement dans une relation fusionnelle avec votre oreiller et faire de votre enfant une sauvageonne inculte

Vous avez fait le choix du bonnet bleu:

– vous tolérez qu’on vous qualifie de poulet mais certainement pas de pigeon

– vous travaillez à Marseille

– vous ne comprenez pas pourquoi après vous être démis(e) 4 fois l’épaule et essuyé(e) autant de fusillades, votre salaire n’augmente toujours pas

Vous vous êtes décidés pour le bonnet noir:

– vous êtes cet être légendaire, champêtre et bucolique, défiant Apollon au pipeau et se désaltérant avec la rosée du matin tout en louchant discrètement sur des nymphes. Bref, un berger quoi.

– vous avez peur du Grand Méchant Loup

– vêtu(e) de votre jolie cape rouge, vous apportez gaiement chaque semaine une galette et un petit pot de beurre à votre mère-grand

– vous habitez dans le Gévaudan

– vous êtes plutôt partisan(e) du “un bon ours est un ours mort”

– rien à voir avec la Convention de protection des loups des Hautes-Alpes, ledit bonnet était juste en promo chez Auchan

Votre aimable figure est recouverte d’un passe-montagne:

– vous ignorez jusqu’à l’existence même du mot “sensualité”

– vous êtes un terroriste tchétchène.

– vous avez 11 ans et votre mère ne vous a pas laissé le choix. Pire, elle vous a même accompagné jusqu’au portail du collège pour s’assurer que vous garderez votre cagoule jusqu’au bout. Les yeux brillants de méchanceté gratuite des cagoles de 3e qui vous aperçoivent suggèrent que le trimestre ne va pas être de tout repos, et que vos chances de sortir avec Vanessa sont désormais proches du Néant. Courage.

Vous êtes un sans-bonnet si:

– vous avez confondu ledit bonnet avec un sac à vomi à l’apéro de Bernard et Lulu samedi dernier.

– vous vivez à Cancun

– votre tête dénudée est l’expression de votre apolitisme.

– vous êtes convaincu que l’Hécotax est un médicament diurétique

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Yes we Spock

par Jeanne B

Ou comment la Science Fiction peut faire de nous des hommes meilleurs

Petites étoiles sur fond noir. Une, deux notes de musique. Une voix s’élève: celle de Monsieur Gene Roddenberry, créateur de la plus grande série de sciences fictions de tout les temps (si si). Le son a un peu souffert depuis les années 60: ça crache, ça grésille, on pense vaguement à l’appel du Général de Gaulle. Mais un vaisseau en carton-pâte traverse l’écran de part en part, sur grand lever de trompette. Quelque part dans le monde, une génération d’américains se lève, met la main sur le coeur. Non, ce n’est pas une version rétro/sf de la bannière étoilée. Non, ce n’est même pas un hommage douteux à Armstrong (pas le musicien, pas le dopé, le troisième – voilà, l’astronaute). Les mots tombent: « Space, the final frontier. These are the voyagers of the starship Enterprise. Its five-year mission? To explore strange new worlds. To seek out new lives and new civilizations. To boldly go where no man has gone before. » En bleu apparaissent les mots sublimes: Star Trek.

Non, ne soyez pas si dubitatifs. Oui, j’aime Star Trek. Je ne porte pas de lunettes à triple foyer, je n’ai aucun problème d’acné, mes cheveux abordent une hygiène remarquable, je serais bien incapable de remonter un ordinateur les yeux fermés – sortez vous tout de suite cette idée de la tête. J’aime la SF des années 60, et je suis fermement décidée à vous en parler. Non, cet article ne sera pas une (vaine) tentative de défendre des effets spéciaux plus que douteux. Je n’argumenterai pas en faveur de l’oeuvre d’une costumière fantasque pour qui, manifestement, un collant (très, très, très) ajusté est le comble du chic et de la virilité. Je n’évoquerai même pas un art de la mise en scène des combats qui tient bien plus du Lac des Cygnes que du ring de boxe. Parce que l’âme de Star Trek, que dis-je! le coeur de Star Trek ne réside en aucun de ces éléments. William Shatner (& sa plastique de rêve) balançant son poing vers (non, pas « dans », le fait est qu’il ne l’atteint même pas) un pseudo-alien-dinosaure-verdâtre (aussi appelé Gorn) n’a pas bâti tout seul cette franchise monumentale. Quelques chiffres: Star Trek, ce sont 6 séries télévisées pour un total de 726 épisodes en 30 saisons depuis la première saison de la première série le 8 septembre 1966, 12 longs métrages (bientôt 13, à ce trop lointain horizon qu’est l’année 2016), un nombre incalculable de romans & comics, une dizaine de jeux vidéos, une montagne de fanfictions. Non, même la cuisse galbée de Monsieur Shatner n’aurait pas suffit pour engendrer ces infinies déclinaisons. La vérité est ailleurs. Et je vous la révèlerai au fil d’une série d’articles qui oui, ont une raison d’être, même pour nous, petits français du XXIe siècle.

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« hé venez les gars, on va enrouler un chien dans un tapis, lui coller une corne en plastoc et deux morceaux de cable sur la tête, et on dira que c’est un alien! »
Oui, je vous assure, la vérité est ailleurs. 
C’est juste qu’en voyant ça on le devine pas tout de suite.

Let’s talk about Trek babyyy, let’s talk about you and meeee

Pourquoi parler de Star Trek? Parce que Star Trek a du sens. Oui, tout à fait. Contrairement à la majorité de nos séries actuelles (que je regarde pourtant allègrement en mangeant des gaufres durant les longues soirées d’hiver), Star Trek avait dès son invention par Sieur Gene Roddenberry une raison d’être, un message à transmettre. Non, je suis désolée, mais je ne reconnais pas de grande portée sociologique aux Feux de l’Amour. Star Trek n’est pas seulement un divertissement (malgré son armada de vaisseaux spatiaux, sa moyenne de cinquante morts par épisode, l’adoption d’une structure en suite de mini-enquêtes de l’espace), c’est avant tout une philosophie. Non, je ne suis pas en train de vous demander d’acheter un phaseur, de vous épiler les sourcils et de vous faire une coupe au bol – les trekkies/trekkers (fans de Star Trek pour les ignares) ne composent pas une secte à proprement parler, même si à certaines époques on a légitimement pu se poser quelques questions.

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Coupe au bol + Oreilles pointues + Sourcils rectilignes = mauvaise idée.
Sauf si vous êtes Zachary Quinto et que vous jouez le rôle de Spock dans la version de 2009-2013.
Et encore, on a vu plus seyant.

Regarder Star Trek n’est pas un mode de vie. Mais regarder Star Trek vous communique des messages de tolérance, des messages d’égalité, qui ne peuvent qu’influer sur votre vie de tous les jours. Saint Gene Roddenberry (ce qui m’embête dans cette histoire d’article, c’est qu’à un moment je vais commencer à manquer de titres pour désigner cet homme) a imaginé tout un univers avec comme ligne directrice la peinture des problèmes sociaux des années soixante au travers du comportement « primitif » d’espèces aliens, tour à tour rencontrés par des ressortissants d’une espèce humaine utopique ayant déjà résolu ces problèmes. Dans son article « Star Trek: A Phenomenon and Social Statement on the 1960s », J. William Snyder Jr indique que « Bien sûr, les épisodes ne présentent pas tous une portée sociale, mais, au travers de la série, les personnages, les thèmes, les motifs, et bien sûr quelques épisodes précis sont des analyses du sexisme et du féminisme, du racisme et de comment améliorer les relations entre les hommes, mais aussi le militarisme et la paix, autant de problématiques sociales majeures de la fin des années soixante et, quoique à un différent degrés, des problématiques sociales d’aujourd’hui ». L’angle d’attaque peut paraître surprenant au premier abord: un western de l’espace, une débauche d’imagination, un univers totalement imaginaire. Mais après tout, la liberté qu’offre la Science Fiction n’est-elle pas le meilleur champ pour les utopies, et au travers des utopies une analyse de notre propre monde? Je vous renvoie au Meilleur des Mondes de ce très cher Aldous Huxley dès 1931, pour une perspective un peu plus scolaire. Star Trek suit une ligne directrice analogue à ce bon vieux système utopie/dystopie. L’un de ses scénaristes, David Gerrold, ne disait-il pas “Ces histoires traitent de l’attitude de l’homme du vingtième siècle dans le futur. Ces histoires traitent de nous-mêmes.” ?

Star Trek, en bref, c’est un peu comme une pub Benetton, mais en mieux

C’est bien gentil bien mignon tout ça, vouloir analyser la portée sociologique d’une série de science fiction, mais pour les non-initiés il faut dire que la franchise est quand même monumentale. Un topo de base est donc nécessaire, afin de vous donner les clefs de l’analyse. Déjà, à titre informatif, je parlerai principalement de la série originale et de ses extensions directes. Grosso modo, cela veut dire « Star Trek: The Original Series » (TOS pour les intimes) et ses trois saisons, « Star Trek: The Animated Series » (ou comment contourner habilement la faiblesse des effets spéciaux de l’époque par le biais du dessin animé) et ses deux saisons, et les six premiers films, de 1979 à 1991. Pourquoi? Parce que tous regroupent l’équipage original, qui est de loin le plus intéressant et le plus emblématique. Star Trek dans son jus, concrètement. Et pour être tout à fait honnête c’est à peu près là où j’en suis moi-même dans la découverte de la franchise. Ces épisodes racontent les aventures de l’équipage du vaisseau spatial Enterprise NCC-1701 et de son capitaine James T. Kirk au XXIIIe siècle, à partir d’une mission quinquennale de découverte de la galaxie toute entière à des fins d’observation. Bien entendu, rien ne se passe jamais comme prévu, et la mission « d’observation » vire dans à peu près chaque épisode à la pure catastrophe, sinon ça serait pas drôle.

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L’équipage de base, qui, il faut l’avouer, en jette.

La composition de l’équipage en elle-même a quelque chose de profondément novateur, et même si nous y reviendrons plus en détail dans les articles suivants, elle mérite d’être mentionnée dans le topo de base. Tout d’abord, à votre gauche & tout de rouge vêtu, Montgomery Scott « Scotty », interprété par James Doohan, ingénieur en chef, écossais. A ses côtés, en jaune (moche), Pavel Chekov interprété par Walter Koenig, enseigne chargé de la navigation, russe (avec un accent à couper au couteau). Un peu devant, en bleu, Leonard « Bones » McCoy interprété par DeForest Kelly, médecin bougon d’origine américaine. A ses côtés Janice Rand, atout charme, interprétée par Grace Lee Whitney, secrétaire et un peu bonne à tout faire, également américaine. Tout devant, dans le fauteuil, James T. Kirk sous les traits de William Shatner, capitaine, américain également. Nous trouvons également Nyota Uhura, interprétée par Nichelle Nichols, lieutenant chargé des communications, originaire des « Etats-Unis d’Afrique ». Ensuite Spock, aka le légendaire Leonard Nimoy, seul membre alien de l’équipage puisqu’il est mi-vulcain mi-humain, à la fois attaché scientifique et commandant en second. Et enfin Hikaru Sulu, incarné par George Takei, pilote, qui s’il est américain ne peut cacher de très certaines origines asiatiques. Voilà. Et là, quelque chose devrait vous surprendre. Si la série se tient au XXIIIe siècle, elle a été produite dans les années 60. Et pourtant, Chekov est russe, dans un contexte de Guerre Froide (1947-1991, je vous le rappelle). Nyota Uhura est non seulement une sublime femme, mais elle est aussi lieutenant à une époque où les noirs et les blancs ne pouvaient même pas s’assoir à côté dans un même bus. Ne parlons même pas de Hikaru Sulu, qui s’il est logiquement d’origine japonaise ne voit jamais son ascendance totalement clarifiée – je vous rappelle que nous sommes d’une part en pleine guerre du Viêt-Nam (1954-1975) mais aussi au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, où ce n’était pas vraiment la joie entre américains et japonais. Et pourtant ils font tous partie du même équipage, tiennent des rôles titres. Dès sa composition, l’équipage de Star Trek s’annonce clairement comme chargé d’une portée sociale, de revendications utopiques d’équilibre, d’égalité. Autant d’éléments qui font de cette série bien plus qu’un divertissement, mais une suite de revendications.

C’est bon? Décidés à virer geek le temps de quelques articles? A faire abstraction des graphismes, des costumes, de la mise en scène, pour s’attacher au message? Je vous retrouverai donc pour une série d’articles traitant du dernier thème où mes camarades apprentis-muséologues s’attendaient à me retrouver: Space, the final frontier.

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Le mot de la fin à DC Fontana, autre scénariste de la série, à propos de la volonté de Gene Roddenberry. 
Ou comment cet homme a choisi de simplement dire « Fuck off ! » à la mentalité de son époque. Pourquoi?
Pour fonder l’une des séries les plus emblématiques de l’histoire américaine.

sources :

 

 

 

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Disney à l’âge de Raison #3

par Irwin Lannelongue

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Mesdames, messieurs.

J’ai tout d’abord le regret de vous annoncer, que cette rubrique voit son avant dernier numéro paraître aujourd’hui. Vent de tristesse sur la vallée de vos yeux ébahis. “That’s Life” comme disent les anglo-saxons. Voilà pourquoi j’ai décidé de rajouter en plus de cette 3eme partie, une 4e gracieusement développée, sous divers points de vue (à venir la semaine prochaine).

Après ce court message du syndicat, place à l’edito.

Moteur.

Le Walt Disney Studio

Après avoir parlé de nombreuses attractions du Disneyland Resort Paris, et de l’hôtel : Le Santa Fe Beach, nous allons désormais voir, qu’il y a, quelque part, vers l’au delà, un autre parc. Le Walt Disney Studio. Le truc des vrais mecs. Enfin par mecs, j’entends des mecs qui expriment bruyamment leur virilité sur des cascadeurs qui ne goûtent pas à cette méchante brûlure au 17e degré parce qu’ils ont une crème ultra protectrice (de l’indice 200), ou éventuellement sur des gars tatoués et barbiturés qui font de la moto sur du rock de stade ! Car c’est bien la moto !

Mais ce parc a t’il un réel intérêt ? Les files des attractions y sont 17 fois plus importantes, et il n’y a pas la poésie, comme avec Claude François.

Exemple : Tu vas voir Stitch Live! (cf : Lilo & Stitch ou “Ils ont tué Elvis”) Tu attends 20 minutes pour voir un duplex live from mars, avec Stitch qui parle en direct avec un fringant animateur présent dans la salle sans fiches et tout et tout. La classe quoi. On nous fait croire que le duplex est une cabine de vaisseau spatial. Et l’ardent Stitch (certainement représenté derrière par un mec avec des électrodes pour produire les gestes de l’animal), nous fait rire aux larmes. Eh oui ! Il demande une fille du public en mariage, mais à ce que je sais il y a des lois contre ce genre de pratiques. Puis il demande à un enfant où est ce qu’il vit (même lois, presque même pratique). LOUCHE.

Les attractions  “Grand Frisson”

Que dire d’autre ? Si ce n’est qu’il est présenté sur notre plan en danois que les pastilles oranges désignant une attraction “grand frisson” (a.k.a Thrill !!) sont le Truc d’Aerosmith, le Truc de la Tour qui fait peur, et le Truc de Nemo, oui je sais ils ont été hyper inventifs. Ayant fait les 3, j’ai remarqué un point commun récurent. En effet, j’ai appris à mon plus grand dam que Disney n’avait pas à investir dans les décors des Rollercoasters (ou alors un tout petit peu, genre pour un autocollant avec une guitare fluorescente). Oui, toutes ces attractions nous plongent dans la pénombre profonde. Au crépuscule, je t’attendrai. Chose fâcheuse, parce que ce n’est pas forcement plus “impressionnant” mais t’façon, il en faut plus pour m’impressionner.

Qu’a cela ne tienne, j’en prends mon parti, et commenterai all my possible, tout d’abord sur le “Truc de Nemo”. Merveilleux, 90 minutes de file. Guiness World Record. Pour une attraction vomitive, où l’on se trouve secoué dans une carapace de tortue. On peut imaginer par la suite, que la carapace est inconsciemment notre estomac, nous, sommes les éléments ingurgités, démantelés, et déchiquetés avec barbarie, la vie est représenté par un castor, et le chant du cygne est la mort de Socrate.

Mais cela n’est rien comparé au “Truc de la Tour de la Terreur”, plagiat ou plutôt copie pâle du Hurakan Condor de Port Aventura (pour les puristes) qui propose beaucoup plus de sensations, puisque nous nous trouvons à l’extérieur. Encore une fois, le plongeon dans le noir… Mais l’ambiance y est cette fois, plus bon enfant. Un garçon d’ascenseur atteint de tiques et de troubles du comportement, vous demande d’entrer dans la 4e dimension. C’est presque avec une fleur dans la main et le cœur en bandoulière qu’on s’y ramène.

Et enfin, parmi ces attractions se trouve l’inébranlable, l’indétrônable “Truc d’Aerosmith”, dans le noir, pour changer, avec soit disant des baffles “sur-puissantes” qui te passent le même quart de morceau à longueur de journée, dans le même genre que “It’s a Small Small World”, en un peu plus rocknroll. Mais évidemment, connaissant ma chance, je ne pouvais tomber que sur la place où les baffles ne marchaient pas, cette même place située juste derrière un trublion qui a judicieusement pris sa bouteille d’eau, ouverte, pour s’amuser, comme ça pour rien.

Enfin, tout ce que je veux dire, c’est que Disneyland, c’est une question de Mood. Nous ne pouvons pas qualifier, quantifier, ni même crucifier une généralité concernant cette féerie. Chacun la voit comme il le souhaite. C’est peut être ça, la magie de Disney…

Est-ce si simple ? Simple ? S.I.M.P.L.E ?

Remontons quelques décennies en arrière.

Saint Exupéry a disparu au large d’un lieu inconnu (ou est peut être encore vivant.) La guerre rase, la guerre éclate, la guerre éclos. Au milieu de tout ça, le Petit Prince est en tête des charts en Europe.

Quelques années plus tard, le grand et surdoué Orson Rosebud! Welles tombe amoureux de l’oeuvre et projette une collaboration avec l’actuel grand de l’animation : je vous le donne en mille, Walt Disney. Welles a alors terminé storyboard et dialogues, et les deux génies se rencontrent… Il est précisé que Disney est quelque peu froid et distant. Rien de grave… rien de grave. Jusqu’au moment où il s’enquit à quitter la pièce !  Sans donner une raison quelconque. Un homme sensé le rattrape alors et souhaite, comme nous tous, des explications. Waltie lui répond alors, et là c’est quand même étonnant :

“Il n’y a pas de place pour deux génies dans cette pièce.”

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Waltie. Frippon. 

No comment.

Je vous parle d’un temps…

THE END (oui, non car il n’y aura pas de 4ème partie, je t’ai dit ça pour te faire espérer et me nourrir de ta haine).

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