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“Le débat sur le dépistage du cancer du colon est un puits sans fond”

par Jopé & Jourdain de Troie
photoJopé et Jourdain de Troie sont les invités de l’interview croisée de la semaine. Nous sommes allés à leur rencontre. Les propos tenus ici n’engagent que Paul Personne.

Quelle est votre sentiment sur la situation actuelle ?

Jourdain de Troie – Je suis personnellement bien assis. Votre micro m’impressionne pas mal. Et que dire de votre maquereau…

Jopé – Aléatoire, mon cher Watson.

…À Toire ? Pourquoi donc ?

Jopé – C’est un village côtier assez plaisant. En particulier au coucher du seul œil. Mais je ne m’épancherai pas sur la question de l’extrême droite.

Comment jugez-vous la campagne électorale pour les municipales ? En particulier, que pensez-vous de la politique du logement et de l’accès à la propriété : l’équilibre de la municipalité est-il respecté?

JdT – Partiellement. À titre personnel, j’ai un peu de mal à accepter qu’un petit chien moustachu soit propriétaire des 4 gares de la ville. C’était le risque. Cet appel d’offre généralisé n’avait pas de raison d’être. Rendez-vous compte : seulement cinq propriétaires sur toute la ville! La grande responsabilité de l’équipe sortante, c’est tout simplement d’avoir permis à cinq accapareurs de prospérer. Je pèse mes mots! Cinq accapareurs, c’est beaucoup trop! Et ne jouez pas la fausse sceptique !

Jopé – Et avec cinq accras par heure, on a vite fait de changer de régime. Mais je ne m’épancherai pas sur la question de l’extrême droite.

Les promesses en matière de transports ont-elles été tenues ?

Jopé – En partie. La vraie solution, c’est de ne plus prendre la voiture. Prenons le chapeau, le fer à repasser, même le petit chien s’il le faut !

JdT – De même, si la carte Navigo était remplacée par une carte Chance, il y aurait peut être moins de retard sur nos lignes.

Paris était auparavant une ville fortement segmentée : ethniquement, politiquement…La sociologie par quartier est-elle plus favorable à la mixité ?

JdT – Absolument pas. Comment expliquer que tous les Jaunes soient cantonnés à trois rues ? De même, comment accepter que les Rouges soient tous concentrés autour de la Caisse de Communauté. Ils attendent quoi ?

Jopé –  De se tirer la bouteille deux par Dieu et de se barrer en Russie…

JdT – À propos de Gérard, moi aussi j’annonce par voie de presse que je revends mon appartement. En guise d’annonce je ne préciserais que ceci : c’est un bon appart, rue Napoléon, 75013 Paris.

Jopé – C’est audacieux…

Jdt – Je suis un parieur fou. Mais je suis persuadé que sur ces 75013 chances de gagner, je serai au mois couronné d’un succès.

En parlant de couronnes, que pensez vous de la polémique sur le coût des soins dentaires?

Jopé – Ce n’est pas tant aux dentistes qu’il faut s’adresser qu’à la Petite Souris. C’est elle la plaque tournante de tout cet argent. Quand on voit le nombre de dents arrachées par jour… Mais enfin, bien sur, les dentistes ont leur part de responsabilité, avec leurs histoires de blanchiment…

JdT – Justement, je suis intimement persuadé que Bernard Tapie est impliqué dans les réseaux de blanchiment organisés par la Petite Souris. Sinon pourquoi parlerait-on de « Tapie à Souris » ? (il imite un mulot cendré, ndlr)

Que pensez-vous de l’avortement?

Jopé – Je suis contre, ça m’inquiète, tous ces enfants qui se feront traiter d’avortons dans les cours des écoles…

JdT – Ce débat est stérile.

Et à propos de l’euthanasie, quelque chose à ajouter?

Jopé – Ce débat est ennuyeux à mourir.

… Le dépistage du cancer du colon?

Jopé – Ce débat est un puits sans fond.

JdT – … La « Déclaration d’Indépendance » est de loin la manifestation la plus évidente du cancer du colon. J’assume ce propos. Je me fous du Gandhi Raton.

Parfois je regarde le ciel et je vois la vie telle qu’elle est vraiment, et vous?

Jopé – Non.

Messieurs, merci pour cette interview croisée.

Ensemble – Vive la papauté !

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Le Dormeur Duval

par Jopé

rosshamiltonfrew

Chroniques d’un Plus Jamais.

Ca doit bien faire ∆ ans, que je vis ici.

Avant, j’étais employé, employé, employé, et à force d’employer le mot employé, je le sens ployer comme un poirier raté, ou bien un peuplier, mais si le peuple y est c’est qu’il y a bien une raison. Moi en tout cas, je n’y suis plus. De toute façon je ne m’y suis jamais plu, il n’y avait plus que ça à faire, faire mes affaires et déguerpir. A l’époque j’avais peur des guêpes, et pire, des pirates. Mais je divague, et je ne suis plus que l’écume de moi-même à force de boire.
C’est pas comme si j’avais soif en plus. Ici l’eau est sale, mais on s’y fait. On s’y fait. Et aussi fou que cela puisse paraître, de l’eau si floue on se la puise pour être. Et avoir.

Avant j’avais. Une femme. Je l’aimais bien, elle était belle comme une bouteille à l’amer. Je n’ai pas aimé quand elle a sauté du pont. Pourtant Dupont, mon patron, était un chic type. J’aimais bien la manière qu’avait son sang de se répandre sous sa chemise blanche. A couper le souffle. Il attirait les femmes et a tiré la mienne, je lui ai tiré mon irrévérence et une balle dans le foie.

Infidèle, infidèle. Un fidèle, j’en connais un. Toujours à côté de moi, un gentil toutou. Et deux fois Tout, c’est quand même beaucoup mieux que Rien. En plus, Rien n’est plus comme avant, je ne le reconnais plus, je crois qu’il a changé. Du tout au tout. Un gentil clébard.

La clé du bar, je ne l’ai plus, je l’ai perdue avec ma dignité. Je m’en fous, je ne m’en servais plus. Être digne digne, c’est pour les cloches. De Noël, celles du père Monfils, un saint esprit cet homme. Il m’amène du pain et du vin, que mes bourses un peu réduites ne peuvent me fournir ANYMORE. ANYMORE. PLUS JAMAIS. Plus j’aimais, moins j’allais. Et venait. Je restais coincé. Comme avec un étau, sur mes côtes. Pire que la camisole. La chimique, celle qui fait pousser des yeux dans la tête et des cicatrices sur le front. Regarde, tu les vois? Oui, sur le front, première ligne, Algérie, un éclat d’obus.

Je divague.

J’ai la dalle.

Littéralement, la dalle, celle en béton.
Je l’ai et j’en suis fier. Je suis bien content de pouvoir dormir dessus, car avant cela les aspérités du sol ne m’inspiraient aucun somme. Maintenant je dors. Bien. Tellement que je pense sincèrement ne pas être capable de me réveiller. J’ai essayé, plusieurs fois, mais rien n’y fait.

Ça doit bien faire ∆ ans, que je dors ici.

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